En ces temps troublés de chômage de masse, formation professionnelle et diplômes de qualité ne suffisent plus pour trouver un emploi et tout ce qui y est lié (avoir un statut, devenir autonome, fonder une famille, déménager en banlieue, élever des  enfants payer des impôts, s’exiler en Suisse…). Malheureusement, nous devons tous faire face à un environnement hostile où la concurrence pour obtenir un entretien est féroce.

Mais ne paniquez pas, la rédaction de Bloguéotravail est là pour vous aider. Aujourd’hui, nous nous penchons sur votre CV. Le CV, c’est votre premier contact avec l’entreprise, il convient donc de le soigner un minimum (un peu comme vos cheveux avant votre entretien). Voici donc quelques petites erreurs à éviter.

 

  1. N'utilisez pas de polices “rigolotes”. Si vous ne postulez pas dans le monde des arts et du spectacle (et on entend par là dans un cirque ou dans une troupe de comédiens ambulants) oubliez toutes les polices d’écritures exotiques qui vous rappellent les anniversaires de votre enfance.

    Vous serez bien plus crédibles en tant qu’adulte avec les classiques Times, Helvetica et Arial. “Oui mais tout est pareil, tout est formaté !”… bah oui bonhomme, ça s’appelle le monde de l’entreprise.

    CV-police



  2. Ne soyez pas original avec votre photo. Vous avez décidé de mettre une photo, très bien. Toutefois, ne comptez pas sur elle pour attirer le regard du jury de recruteurs. Ne présentez pas une photo de votre chien, de votre grand-mère ou de votre petit neveu (même s’ils sont mignons). N’incorporez pas une photo de votre nez, de l’arrière de votre crâne ou de votre ongle incarné. Ne vous mettez pas en scène dans une activité associative. Ne vous croyez pas non plus artiste avec un portrait photographié en pose longue.

    La photo n’est présente que pour associer votre expérience et vos compétences à une figure humaine. Offrez nous cette figure humaine, point. Vous pouvez tout de même sourire, éventuellement.


  3. Ne parlez pas politique. Contrairement à une idée répandue, parler politique ne fait pas nécessairement de vous quelqu’un d’intéressant et de pertinent. Si vous ne me croyez pas, regardez Jean-Michel Apathie.

    Ajouter à son expérience professionnelle des petit commentaires (même sous forme de traits d’esprit) sur le pouvoir exécutif de l’époque n’apporte rien à votre profil. Pire, vous risquez de mettre mal à l’aise votre lecteur qui n’a que faire de vos opinions. Si jamais vous ne pouvez vraiment pas contenir vos assertions, laissez votre CV tranquille et composez le 32 16 : Éric Brunet sera carrément ravi d’entendre vos coups de gueule.


  4. Ne déconnez pas avec votre expérience. Comme vous avez dû faire des tours sur keljob.fr, vous devez certainement rechercher à faire “sortir” votre CV du lot. Si vous cherchez l’originalité, vous ne devez pas le faire dans le récit de votre expérience. Ne changez pas l’intitulé de votre poste, ne faites pas de calembour avec le nom de vos anciennes entreprises, ne tentez pas d’expérimentations calligraphiques où que ce soit (vous étiez “vendeur”, pas “v€₦ДeUr”). Il serait quand même triste que votre CV atterrisse sur bestahsistah.


  5. Ne mentez pas (trop) sur vos compétences linguistiques. 

    Vous aviez un correspondant américain et un espagnol au collège, vous avez écouté des groupes de Pop/Rock anglo-saxons au Lycée, vous avez passé 6 merveilleux mois d’échange à Bogota durant votre enseignement supérieur, vous suivez des séries en VO… parfois même sans sous-titre. Fabuleux, vous pouvez donc certainement vous débrouiller pour commander à boire et emballer en boite dans trois langues, au moins. C’est très bien (vraiment), mais votre entreprise s’en moque.
    Ne vous déclarez donc pas comme un locuteur de très bon niveau sur ces seules bases : ce serait quand même dommage d’être pris en traitre en expliquant que «zi économicale situacheune is ardeuh toudéye»  dès que l’un des recruteurs aura “switché” la conversation (et ouais, c’est «zi iconomic situacheun», boloss). Un peu d’humilité, vous ne pourrez que laisser une bonne surprise.

    Et pour définitivement balayer le sujet. Les langues exotiques (mandarin, coréen, russe, arabe) et drôles (breton, québécois, catalan, amérindiennes), ne sont pas faites pour atterrir sur un CV, les informations de votre profil Facebook suffisent (comme le montre l’exemple ci-dessous).

     

  6. Ne mélangez pas vos expériences professionnelles et associatives. Vous devez être à la page. Nous sommes en 2013, les années 2000 sont donc terminées. Cela signifie que le Rock Alternatif, le Droit d’ingérence, le Grenelle de l’environnement et tout ce qui y est associé c’est du passé. Du coup, vos engagements humanitaires et associatifs doivent trouver une autre section que celle où vous évoquez votre trajectoire professionnelle.

    Enfin, moi je vous dis ça, si vous voulez passer pour un hippie éventuellement syndicalisé dans une conjoncture peu propice au dialogue social, vous faites ce que vous voulez.



  7. Ne glissez pas un billet à l'intérieur de votre CV. Sérieusement. C’est le plus mauvais retour sur investissement de l’histoire.


  8. Ne prenez aucun risque. Nous avons tous entendu cette magnifique histoire. Celle du type qui a inscrit son niveau à World of Warcraft dans son CV et qui a obtenu un poste managérial important. Un vrai exemple à suivre pour se démarquer de tous les autres.

    Et bien non ! Ce type est une exception dont on parle pour vous faire croire que prendre des risques ça paye. Tout recruteur voyant un haut-niveau à WoW considérera (à tort ou à raison) que vous êtes un être asocial, fragile psychologiquement et peut-être même légèrement schizophrène (puisque je vous le dis).
    Ne tombez donc pas dans le panneau ! Découvrez-vous au minimum et ne prenez aucun risque. Au final, il vaut mieux être insipide et se maintenir que de retenir l’attention pour finalement passer à la trappe (demandez au TéFéCé).

     

     

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