Travail dominical, rémunération insuffisante pour vivre comme un prince qatari, interdiction formelle de faire financer votre iPhone 5 par le CE… il y a mille et une bonnes raisons pour vous de vous lancer dans un mouvement de grève. Mais, voilà, vous ne maîtrisez pas suffisamment les techniques du combat social pour pouvoir porter vos revendications. Pas de soucis ! Bloguéotravail arrive avec son expertise (5è dan) pour vous permettre de menacer votre employeur de grève (comme les clubs de Ligue 1) et passer à l’action (comme les joueurs de l’Olympique Lyonnais depuis 2 mois).

 

 

Astuce #13 : Organiser une grève

 

 

    1. Préparez vos revendications : Si même la SNCF arrive à en trouver, vous vous devez d’en avoir aussi. La palette est assez large ; les conditions de travail, la rémunération, le rythme et la cadence inadaptés, les (horribles) chemises à fleur de Marc... À vous de choisir le ou les thèmes qui seront les catalyseurs de la colère sociale et des aspirations de vos collègues.< br/>N’oubliez jamais qu’une grève sans revendication n’aura jamais aucun soutien. L’exemple de la grève de l’entraînement de l’équipe de France de football à Knysna devrait suffire à vous en convaincre.



    2. Créez un Comité central : Croyez-le ou non, une grève ça s’organise. Pour gérer vos actions et vous assurer de l’homogénéité du mouvement, un Comité central est indispensable. N’hésitez pas à appâter le chaland avec des réunions de Comité accompagnées de pizzas.
      Sélectionnez ensuite une équipe de choc pour triompher : un incorruptible, un bosseur qui a l’estime du patron (il doit bien y en avoir un dans votre boîte), un costaud et un rigolo. Si jamais la grève tourne mal, vous pourrez toujours recycler votre équipée pour pitcher le scénario d'un film d’action à la Roland Emmerich, Michael Bay ou Sylvester Stallone.



    3. Fabriquez des pancartes : Avant toutes choses, évitons tous les pires clichés. Non, vous ne devez certainement pas vous inspirer des chartes graphiques de Kraftwerk ou de Franz Ferdinand. Le suprématisme, c’est cool, mais ce n'est plus adapté au monde du travail.
      Nous vous conseillons plutôt de vous adapter à votre contexte. Si vous avez accès à des matériaux nobles et de qualité, jouez là dessus et inventez la première Grève Premium. Si votre bureau vous offre un important stock de cartons, utilisez-les. Vous jouerez une carte plus classique mais pas moins efficace.
      Pour finir, il vous faut des slogans (agiter des bouts de cartons vierges n’ayant vraiment aucun sens). Mettez, votre rigolo à contribution. C’est sa chance rêvée de glisser tous les calembours de ses rêves et de les voir repris par l’ensemble du personnel. Il vous sortira alors la performance de sa vie et développera un esprit comique irrésistible. Voilà comment on transforme Anne Roumanoff en Pierre Desproges.



    4. Choisissez des actions efficaces : C'est un point éminemment stratégique, car un mode d’action inadapté peut faire perdre énormément du crédibilité à votre mouvement de grève. Dresser une barricade autour de la machine à café ne fera pas flancher la direction mais risque de diviser vos camarades (sauf si vous les convainquez que c’est la direction qui a fait ça, mais c’est bougrement tordu). Optez plutôt pour des actions légères qui déclencheront la sympathie parmi les vôtres. Offrez des viennoiseries, créez des caricatures, proposez des après-midi jeux de société à ceux qui rejoindront le mouvement. S’il y a un moment pour être philanthrope au bureau, c’est celui-ci. Vous pouvez également vous rabattre sur des modes opératoires plus traditionnels (tractage, manifestation, réunions publiques, vente de merguez-frites), ce sont de grands classiques qui ont fait leur preuve.
      Quitte à risquer votre emploi, vous pouvez toujours utiliser votre costaud pour séquestrer le patron et vous créer ainsi une énorme street-cred syndicale.



    5. Finissez en beauté : Bravo. Vous avez suivi à la lettre nos recommandations et certains médias vous ont même relayé (ce qui contre-balance l’odieuse propagande pro-patronale du journal d’entreprise). À bout de forces, de ressources et de solutions (la Loi française étant plus sociale/bolchévique -rayez la mention inutile- que du temps des Canuts), votre patron vous rappelle à la table des négociations pour envisager une sortie de crise.
      Vous devez espérer une synergie positive entre votre incorruptible et votre bosseur pour trouver un compromis avec la direction exsangue. Vous devez surtout pouvoir vous décharger sur ces deux personnes de toute responsabilité dans la conduite du mouvement, ce afin ne pas subir des mesures de rétorsions diverses et de leur laisser le beau rôle des martyrs. Ça marche toujours comme ça dans les mauvais coups. C'est pourquoi on croit tous encore que Deubeuliou Bush est responsable de toutes les conneries de Dick Cheney.

 

 

Vous aussi, vous êtes un grand stratège de la grève au travail ? N'hésitez pas et envoyez-nous vous trucs, nous les partagerons avec la communauté dans un prochain article.