« La politique n’est pas une science exacte » disait Otto von Bismarck, premier chancelier impérial allemand, look de hipster avant l’heure. Et tu apprendras cher lecteur que ce type là s’est rarement trompé. Ce qui lui fait au moins un point en commun avec Bloguéotravail. Aujourd’hui, en toute neutralité et en parfaite impartialité, on t’explique pourquoi tu ferais mieux de ne pas discuter politique au boulot.
Non ferme là, physiquement ferme là.

 

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  1. Tu risques de créer des inimitiés

Depuis le CE1 et la cours de récréation, tu sais que le reste de l’humanité n’est qu’un ramassis de cons pas forcément toujours d’accord avec toi ou de ton avis. Alors évite de t’épancher sur ton amour inconditionnel pour la verve de Jean-Luc Mélenchon, le swag de Jean-Marie Le Pen ou les oreilles de François Bayrou. Contrairement à ton psy, tes collègues ne chercheront pas forcément à comprendre et ils te jugeront. Cette image te restera collée à la peau et on pourrait même t’en vouloir. Et on sait bien que ta plus grande peur, c’est de bouffer tout seul à la cantine…

 

 

  1. Ce n’est ni le moment, ni l’endroit.

A moins que tu bosses à Libé ou au Figaro, ton patron ne te paye pas pour débattre réforme des retraites ou sortie de l’euro. C’est un fait, l’entreprise est un lieu d’activité économique, pas politique. On peut débattre du bien-fondé de la chose, reste que si en plus de glander à la machine à café, on apprend que tu y diffuses des thèses marxistes-léninistes auprès du petit personnel légitimement exploité, ça va barder pour tes fesses. Préfère toujours l’image de l’employé modèle, lisse et sans opinion tranchée. Dans le doute, la direction pensera que tu es une personne sensée et modérée – d’où ta récente promotion.

 

 

  1. Le danger de se mettre dans une position inconfortable.

La politique c’est un sujet sérieux et si tu commences à t’y mettre au boulot, il y a danger : ce pourrait être réutilisé contre ta pomme. Rappelle-toi au dernier pot de la boîte quand tu t’es enflammé à propos de l’exploitation des travailleurs par le patronat ? T’as l’air bête maintenant que tes employés viennent te réclamer une augmentation avec des yeux de cocker. Ou de cette discussion avec ton patron à propos du non-sens des 35 heures et du manque de compétitivité de l’économie française ? Dur de lui dire non maintenant qu’il te demande de partir un peu plus tard du bureau, pour le bien de la boîte.

 

 

  1. La politique c’est le mal.

Ca fait partie des sujets tabous. Ton opinion te regarde mais ne la claironne pas sur tous les toits et évites les débats à la cafétéria. Car, comme dans les dîners en ville, la règle d’or est de ne pas causer politique, religion, sexe ou argent. Ce sont les sujets qui fâchent ! Au même titre que le montant de ton salaire. Tout de suite ça te parle mieux. Voilà, donc tu la joues discret, voire faux-cul. Ne pas avoir d’avis c’est toujours moins dangereux que d’en avoir un qui ne convient pas.

 

 

  1. Au pire, en parler avec modération

Depuis que tu es encarté chez l’UDI de Jean-Louis Borloo, c’est plus fort que toi, tu ne peux pas t’empêcher de prendre l’apéro parler politique. Tu vis politique, tu penses politique, tu emmerdes politique. Qu’à cela ne tienne, le mieux c’est encore d’aborder le sujet avec retenue. À l’inverse, si tu es plutôt réservé sur le sujet, joue-la caméléon : ton interlocuteur n’a pas les mêmes opinions que toi ? Écoute-le attentivement. Il t'en sera déjà reconnaissant. Ne marques aucun étonnement, aucune opposition, aucune révolte. Nois le poisson : "C'est un sujet complexe. Il m'est difficile d'avoir un avis". Tu passeras pour le mec intelligent et tolérant. Le comble. Excuse-moi mais ça c’est énorme.