En tant que travailleurs ouverts d’esprits et tolérants vous n’y avez peut-être pas prêté une grande attention mais vous côtoyez quotidiennement des gens très différents de vous. De sexe, d’obédiences politiques, d'origines, d’allégeances sportives et, également, d’âges.

À ce propos, vous aurez peut-être l’impression que les personnes de plus de 40 ans qui vous entourent au travail ne vous aiment pas trop. Vous ne vous trompez pas. Ceux que vous appelez les vieux vous détestent. Et ils ont bien raison. Bloguéotravail enfile son béret et ses charentaises et vous explique les raisons de cette haine légitime.

 

 

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  1. Votre manque de vécu.

On fait ici face à l’éternel fardeau de la jeunesse. Que sont les jeunes face à ceux qui ont connu les Verts en finale de la C1, la présidence Pompidou ou la vraie menace nucléaire bolcho-soviétique (on parle bien de bombes là, pas de Tchernobyl et de son nuage qui ne traverse pas les frontières) ? Des petits cons sans le moindre vécu. Et dans le monde de l’entreprise, le manque d’expérience ça ne pardonne pas ; surtout quand on affiche en prime un petit sourire narquois en continu.

Ah, et n’essayez même pas de contester l’évidence, c'est perdu d’avance. Ce n’est pas votre PSG qui arrive 1/4 de finale de Ligue des Champions, votre guerre en Afghanistan ou votre Fukushima qui vont impressionner une génération qui a été éduquée (et écrasée) par des parents qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale.

 

 

  1. Votre envoûtement technologique.

Vous ne le croirez peut-être pas, mais pour des gens qui ont connu le téléphone à cadran et l’ORTF, l’idée d’articuler ses loisirs autour de photos Instagram est déboussolante. Eh oui, quand on parle de la jeune génération, il faut parler de la “Génération Y” et des thèmes qui lui sont associés : le web, les réseaux sociaux, les produits high-tech, l’hyper-connectivité. C’est non-négociable. Si vous ne vous en rendez pas forcément compte (et ne vous définissez pas nécessairement à travers ces outils), les vieux, eux, le font pour vous.

On pourrait croire que cette association provoque un certain respect pour les jeunes gens capables de s’approprier les instruments technologiques modernes dans le cadre de leur carrière. Sachez que non, ce n'est pas le cas. On retrouve plutôt une critique définitive et sans équivoque de notre propension supposée à la procrastination 2.0. Et c’est assez dur de s’en défendre quand on vient de passer près d'une heure à tenter de passer le niveau 33 de Candy Crush depuis son smartphone.

 

 

  1. Votre manque de discipline.

Tirer le maximum de vos pauses, travailler avec vos écouteurs, rire à gorge déployée (en consultant Bloguéotravail) pendant vos heures de services ; voilà le type de comportements que vous adoptez certainement sur une base quotidienne. Si on ne vous jugera pas là-dessus (on fait pareil), il est probable que que certains de vos collègues (a fortiori les adultes responsables) n'y voient qu'un incorrigible manque de discipline, directement assimilé à un je-m’en-foutisme hors-catégorie. Surtout lorsque, face à tous reproches, vous n’offrez qu’un regard impassible et absent, un haussement d’épaule et des soupirs.

Mais pour remettre les choses en contexte, il ne s'agit que du produit hybride d’une génération post soixante-huitarde qui a appris l’anglais avec 2pac et Eminem d'un côté (on comprend mieux l'indiscipline) et John Lennon de l'autre (on comprend mieux la distance et le je-m’en-foutisme).

 

 

  1. Votre bipolarité.

Travailler avec les jeunes, c’est aussi pour certains vieux le calvaire de devoir supporter des prises de positions plus changeantes que celles de Franz-Olivier Giesbert (le footix du journalisme politique). Les jeunes générations sont en effet capable de passer d’un cynisme acide et assumé à la plus profonde naïveté adolescente en un rien de temps.

Voilà comment après avoir expliqué à tout le monde que vous ne travaillez que pour obtenir un revenu, vous pouvez passer votre soirée à boucler un projet qui vous “tient tellement à cœur” et en faire ensuite la publicité. Voilà aussi comment après vous être moqué lundi des “valeurs humaines et sociales” que votre entreprise prétend avoir, vous y faites références jeudi pour rameuter des collègues à l’afterwork que vous avez organisé. Enfin, voilà pourquoi si vous évoquez votre détachement total de cet open-space et avez des projets de voyages initiatiques à travers l’Hémisphère Sud, vous accepterez finalement de transformer votre contrat précaire en CDI dès la première opportunité (après tout, le Sud, ça peut aussi attendre la retraite).

Vous le comprenez, vous êtes infernal dans un bureau : vous n’arrêtez pas de créer du mouvement, des rebondissements et des contradictions autour de vous. Et ça, le public de “Joséphine, ange gardien” ne pourra jamais vous le pardonner.

 

 

  1. Votre mauvaise éducation.

Lorsque vous entrez en conflit avec un vieux, il n’est pas rare qu'il vous renvoie à votre manque de correction. Il y a une part de vrai. Les jeunes générations ne respectent pas l’autorité s'ils n'y voient pas une bonne raison (en tous cas, c’est ce que disent ces gens-là), ne prennent rien au sérieux, ne développent que peu d’engouement au travail et enfreignent régulièrement les règles.

Pire. Vous auriez même tendance à répondre lorsque l’on vous sermonne pour tout ça ! Comme lorsque l’on demande aux vieux à qui revient la responsabilité de notre mauvaise éducation, si ce n’est aux errements de leurs parentés soixante-huitardes permissives et incapables de nous poser des limites. Putain, je viens juste de vous dire que c’était mal élevé de répondre !

 

 

Vous aussi, les conflits générationnels au travail vous intriguent ? Vous avez réussi à nouer de superbes relations, ou à l'image de cet article, il règne une véritable incompréhension entre vous et vos aînés ou vos cadets ? N'hésitez pas à réagir ici ou à nous faire partager votre expérience à moderation@blogueotravail.fr, nous serions ravis d'en faire profiter la communauté dans un prochain article !