Ohlala, je vous ai vu arriver ce matin. Et pour le moins que l’on puisse dire, ça ne va pas ! Personne n’a aperçu vos yeux (au fond tant mieux, ils sont particulièrement rouges), votre oreiller a laissé sa marque sur votre visage, vous empestez un mélange de sueur et d’alcool (tous les deux d’origines différentes) et vous êtes plus débraillés que votre cousin Théo’ à l’anniversaire de votre arrière-grand-mère. Bref, vous n’êtes pas en état de travailler. D’ailleurs vous-même vous demandez comment vous tiendrez, ne serait-ce que jusqu’à dix heures et demi.

Allez, détendez-vous. Aujourd’hui Bloguéotravail vous apprend comment se refaire une santé en matinée tout en abattant officiellement un travail sérieux. Voici notre programme en cinq points pour travailler sans travailler.

 

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  1. Contribuez aux “tâches ingrates et secondaires”.

Nettoyer la machine à café, placer une cale sous le pied cassé du bureau bancal de Fabrice, tenter d’améliorer l’écoulement de l’évier, faire le tri de vos mails ou de votre espace de travail. Eh oui tout ces travaux d’intérêt généraux sont laids et dégradants. Tellement que même l’équipe de nettoyage se refuse à les faire. Mais ils sont votre visa pour la tranquillité et la respectabilité. Tout le monde verra à quel point vous “vous donnez” pour l’entreprise et comment vous pensez collectif… alors même que vous glandez comme le plus grand des champions.

N’ayez d’ailleurs aucune honte quant au temps que vous accordez à vos travaux. Personne ne sait combien de temps ces activités nécessitent réellement (et pour cause). Du coup plus vous les ferez durer, plus les autres croiront que vous avez accompli un travail surhumain. Au risque de le répéter : n’ayez aucune honte. Comme le rappelait Churchill, un mensonge, plus c’est gros, plus ça passe.

 

 

  1. Soyez zélé.

Vous êtes ennuyés parce que votre vie professionnelle est traversée par un vieux dilemme. D’un bord, vos supérieurs qui vous demandent d’être pleinement impliqué dans votre travail et, de l’autre, le conseil d’enfance de votre papy : “Gamin, question boulot, ne prends jamais d’initiative. Jamais. En aucun cas !”. Eh bien préparez vous à vivre un inversement des pôles magnétiques de votre planète : vous pouvez convenir conjointement à ces deux prophéties. Je vous présente le zèle.

Au quotidien, vous prenez des libertés sur les procédures d’action, histoire de boucler votre travail plus vite. Pas aujourd’hui. Vous avez besoin du contreseing de Romain ? Ne bougez pas tant que vous ne l’avez pas. La signature de Fabien est “indispensable” pour passer à l’étape suivante ? Faites des pieds et des mains pour l’obtenir. Ne passez pas le dossier à Martin sans le coup de tampon de Damien (oui, il faut nécessairement avoir un prénom en "un” pour travailler en entreprise). Bravo. Vous êtes désormais l’employé le plus sérieux dans sa démarche professionnelle… et aussi celui qui travaille le moins.

 

 

  1. Faites une revue de presse.

Personne ne s’est jeté sur cette tâche de sous-stagiaire ? Allez, sacrifiez-vous. Le moment est venu pour vous d’être exhaustif. Partez du principe que tout est intéressant et que tout mérite d’être lu (oui, même les pages locales d’Ouest France, waow bientôt la saison des tempêtes sur la Pointe du Raz).

Le moment est donc venu de vous passionner pour l’actualité internationale, de mesurer l’opinion publique française et de vous plongez avec délice dans les pages cultures et sport. Vous pouvez même pousser le luxe jusqu’à feuilleter les petites annonces à la recherche de locaux qui pourraient baisser les coûts fixes de votre entreprise. En plus de gagner du temps sur votre réveil, vous pourrez offrir la conversation de pause-clope la plus référencée de l’histoire de votre boîte. Vous augmentez même votre capital cool. Tout bénéf’.

 

 

  1. Faites de la veille numérique.

Version câblée de la revue de presse, la veille vous offre aussi une bonne occasion de gagner du temps, mais pas que.

En effet, quand la revue de presse est une invitation de votre supérieur à vous cultiver, la veille, elle, est une exhortation à dériver sur d'incroyables blogs (dans le style de Bloguéotravail par exemple, un blog vraiment génial), sur des banque de .gif ou des vidéos YouTube. Vous n’y pouvez rien, c’est la force des choses. Et vous voici payé à regarder n'importe quoi. Chienne de vie (© Fatal Bazooka).

 

 

  1. Initiez les novices.

Vous vous rappelez de votre première semaine ici ? Quand vous galériez sur tout et que personne ne vous venait en aide dans ce nouveau milieu hostile ? Personne ; sauf Thomas, qui a passé un temps fou à vous expliquez comment utiliser l’intranet, comment traiter un dossier et comment ne pas s’emmerder avec toute la procédure. Celui que vous considériez comme votre bon Samaritain était en fait votre initiateur. Un type qui, tel que vous vous apprêtez à le faire, a compris que l'altruisme était une excellente excuse pour glander.

Prenez du recul et regardez vos collègues. Repérez le stagiaire, l’employé historique (perdu en informatique) et le gros nul de la boîte. C'est fait ? Ces trois personnes seront désormais vos protégés. Comme Thomas, prenez le temps d'expliquer, de réexpliquer, et assurez-vous qu’ils comprennent vos consignes et qu'ils les appliquent correctement (Saint-Thomas ne croyant que ce qu’il voit). Voilà nos trois amis prêts à travailler.

Votre entourage vous considère comme quelqu’un de bien, prêt à donner de son temps aux autres, vos supérieurs soulignent votre capacité à soutenir l’équipe pendant que vous avez réussi à repousser votre travail. Mieux, en remettant vos protégés au boulot, vous conservez le monopole de la glandouille au bureau et pouvez même rajouter une ligne “Formateur” à la section “Compétences” de votre CV. Victoire sur tous les tableaux.

 

 

Vous aussi, vous avez mille-et-unes astuces pour resquiller au boulot ? Réagissez et faites-nous parvenir vos suggestions à moderation@blogueotravail.fr, nous en ferons profiter la communauté dans un prochain article !